Vous n'avez pas versé le maximum au 3e pilier une année ? Il est désormais possible de le rattraper. C'est une vraie nouveauté — mais beaucoup plus étroite que ce qu'on lit un peu partout. Voici ce qui est exact, ce qui ne l'est pas, et comment savoir en cinq minutes si vous êtes concerné.
Finances
Comprendre avant de décider.
Chaque carte ouvre un sujet, traité simplement et jusqu'au bout. On informe, on compare, on explique — on ne vous dit jamais quoi acheter. Les chiffres viennent de la source officielle et portent leur date de vérification.
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« Votre argent perd de la valeur sur votre compte épargne. » C'est l'accroche de tous les articles sur le sujet, et en Suisse elle est largement exagérée. Voici le chiffre officiel, et le vrai raisonnement qu'il faut tenir à la place.
À 20 ans, on n'a pas d'argent — et c'est exactement pour ça que c'est le meilleur moment. Le seul avantage que vous ne rattraperez jamais plus tard, c'est le nombre d'années devant vous.
Les actions : ce que vous achetez vraiment
Derrière le mot « action » il y a une réalité simple : vous détenez un morceau d'entreprise. Tout le reste — le rendement, le risque, la fiscalité — découle de ce fait.
La bonne question n'est pas « quelle plateforme est la meilleure », c'est « pour quoi faire ». Quatre familles existent, elles répondent à des besoins différents, et comparer un courtier à un robo-advisor n'a pas plus de sens que comparer une perceuse à une scie.
Il n'est pas nécessaire de suivre l'actualité économique pour bien investir. Mais comprendre quatre mécanismes évite de paniquer au mauvais moment — et de prendre des décisions coûteuses sur un titre de presse.
La Suisse a une particularité que beaucoup d'épargnants européens envient : la plus-value privée n'est pas imposée. Mais cette règle a une frontière, et elle est écrite noir sur blanc dans une circulaire fédérale que peu de gens ont lue.
C'est le mot le plus important du vocabulaire fiscal d'un frontalier, et le moins expliqué. Il décide si vous pouvez déduire quoi que ce soit de votre revenu suisse — ou si votre impôt reste figé sur un barème forfaitaire.
Beaucoup de PME accumulent des liquidités qui ne servent plus à rien. Faire travailler cet argent est légitime — mais une société n'est pas un particulier, et l'ordre des questions n'est pas le même.
Ce sont deux produits qui portent le même nom et qui ne font pas le même métier. L'un est un contenant, l'autre est un contrat. Voici ce qui les sépare vraiment — y compris le point sur lequel les mauvaises surprises arrivent.
C'est la règle de budget la plus citée au monde. Elle a un vrai mérite — donner une structure — et un vrai défaut : ses proportions viennent d'un pays où l'on ne paie ni prime LAMal ni loyer genevois.
Vous avez 30 ans : construire et automatiser
C'est la décennie où les revenus décollent et où les projets se précisent. C'est aussi celle où l'on immobilise souvent tout dans un seul objectif, en oubliant que les horizons ne se mélangent pas.
Les obligations : prêter plutôt que posséder
L'obligation est présentée comme l'actif prudent du portefeuille. Elle l'est — relativement. Mais 2022 a rappelé qu'un placement obligataire peut perdre lourdement, et la raison mérite d'être comprise.
Nous ne publions pas de classement, et nous n'affichons volontairement aucun tarif : ils changent chaque trimestre, et un chiffre périmé sur un site comme le nôtre fait plus de dégâts qu'un tableau manquant. Voici la grille — vous la remplissez, à jour, en dix minutes.
« Or numérique » : l'expression est devenue banale. Elle repose sur une analogie de raretés — et l'analogie s'arrête là où les faits commencent, c'est-à-dire au comportement observé pendant les crises.
La Suisse prélève 35 % sur vos dividendes suisses. Ce n'est pas un impôt définitif : c'est une avance que l'État vous rend, si vous déclarez. Chaque année, des contribuables laissent cet argent sur la table par simple méconnaissance.
Vos revenus tombent en francs, vos dépenses partent en euros. Cette asymétrie est la donnée centrale de votre situation patrimoniale — et elle se traite avant même de choisir un placement.
Selon que vous êtes indépendant en raison individuelle ou salarié de votre propre société, vos possibilités de prévoyance n'ont rien à voir. C'est l'un des rares endroits où le choix du statut a un effet chiffrable immédiat.
Le 3ᵉ pilier est bloqué — sauf dans une liste de cas précise, fixée par ordonnance. Voici cette liste, les deux conditions que presque personne ne mentionne, et pourquoi la façon dont vous sortez l'argent compte parfois plus que le montant.
C'est l'étape que presque tout le monde saute pour passer directement au placement. C'est aussi celle qui détermine si vous tiendrez votre stratégie quand les marchés baisseront.
C'est la décennie la plus rentable fiscalement — revenus élevés, lacunes de prévoyance constituées, et encore vingt ans d'horizon. C'est aussi celle où l'on commence à préparer des décisions qui se prendront dans quinze ans.
Un ETF permet d'acheter des centaines d'entreprises d'un coup, pour quelques francs de frais. C'est la brique de base de l'investisseur particulier — à condition de regarder deux paramètres que les brochures n'affichent pas.
C'est le seul principe de la finance qui améliore une chose sans en dégrader une autre. Encore faut-il diversifier réellement : quatre portefeuilles sur cinq qui se croient répartis ne le sont pas.
Déclarer sa crypto en Suisse
La Suisse traite les jetons de paiement comme des moyens de paiement : ils entrent dans la fortune, et la plus-value privée n'est pas imposée. Le piège n'est pas là — il est dans le staking et le minage, qui obéissent à des règles complètement différentes.
Ce n'est pas une question d'impôt, c'est une question de déclaration : l'obligation existe même si le compte ne rapporte rien et même s'il est vide. Et depuis l'échange automatique d'informations, l'administration française sait déjà.
La question revient chez tout patron de Sàrl ou de SA. Elle n'a pas de réponse universelle — mais elle a cinq paramètres identifiables, et une erreur classique qui coûte cher au moment de la retraite.
Les deux leviers font la même promesse — déduire de votre revenu imposable. Ils n'ont pourtant ni la même souplesse, ni le même rendement, ni les mêmes contraintes. Voici comment les départager, et pourquoi l'ordre dans lequel vous les utilisez change le résultat.
C'est le seul mécanisme financier qu'il faut avoir compris. Il explique pourquoi commencer tôt avec peu bat commencer tard avec beaucoup — et pourquoi un écart de frais minuscule devient énorme.
Les décisions les plus lourdes de la retraite ne se prennent pas le jour du départ : elles se prennent cinq à dix ans avant. Passé une certaine date, la plupart des leviers sont déjà fermés.
L'immobilier : en direct ou via des fonds
Acheter un immeuble et acheter un fonds immobilier passent pour deux versions du même placement. Ce sont en réalité deux opérations qui n'ont ni le même risque, ni le même moteur de rendement.
Une prestation en capital de prévoyance n'est pas ajoutée à votre revenu de l'année : elle est imposée à part, à taux réduit. Comprendre ce mécanisme, c'est comprendre pourquoi le nombre de retraits compte plus que leur montant total.
« En partant, je récupère mon 2ᵉ pilier. » C'est vrai pour une partie seulement. La règle qui bloque le reste est écrite noir sur blanc dans la loi sur le libre passage, et elle surprend chaque année des gens qui avaient budgété ce capital.
Un frontalier peut ouvrir un 3ᵉ pilier. Mais pouvoir y verser et pouvoir le déduire sont deux questions distinctes — et c'est la seconde qui détermine si l'opération a un intérêt. Elle se joue sur un seuil et sur une date.
L'or ne verse ni dividende ni intérêt : sa valeur ne vient que de ce que quelqu'un d'autre acceptera de payer. C'est sa faiblesse — et, paradoxalement, la source de son utilité.
Tout le monde connaît le chiffre de 7'258 CHF, presque personne ne sait d'où il sort. Le comprendre change la façon dont on lit l'actualité du 3ᵉ pilier — et permet de repérer une erreur qui circule beaucoup cette année.
Bitcoin et crypto : comprendre avant d'investir
Sur ce sujet, on vous vend généralement une conviction. Nous préférons vous donner les faits : ce que c'est, ce que ça ne produit pas, les risques qui n'existent nulle part ailleurs, et ce que dit le fisc suisse.
Un 3ᵉ pilier peut rester sur un compte rémunéré ou être investi en fonds. Sur trente ans, l'écart est considérable — dans les deux sens. Voici la mécanique, et le risque propre au 3a que les brochures oublient.
En Suisse, le trading fréquent a une conséquence que presque personne ne mentionne : il vous fait perdre la non-imposition des plus-values. Vos gains deviennent un revenu imposable, et vos cotisations sociales avec.
Des milliards de francs dorment en Suisse sur des avoirs de prévoyance que leurs titulaires ont oubliés. Le mécanisme qui produit cet oubli est simple, et il se déclenche à chaque changement d'emploi.
Le pilier 3b est le plus mal nommé des trois : ce n'est pas un produit qu'on souscrit, c'est une catégorie fiscale qui englobe presque toute votre épargne. Comprendre ça évite de se faire vendre un « 3b » comme s'il s'agissait d'un placement en soi.
Le rachat de 2ᵉ pilier est la seule déduction fiscale sans plafond annuel fixé par la loi : ce que vous pouvez racheter dépend de votre trou de prévoyance, pas d'un montant arbitraire. En contrepartie, une règle de trois ans que beaucoup découvrent trop tard.