Broker, néobanque, robo-advisor, 3a en titres : les quatre familles

La bonne question n'est pas « quelle plateforme est la meilleure », c'est « pour quoi faire ». Quatre familles existent, elles répondent à des besoins différents, et comparer un courtier à un robo-advisor n'a pas plus de sens que comparer une perceuse à une scie.

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Déclaration de liens d’intérêt. Nous ne percevons aucune rémunération des plateformes citées dans cet article, et nous ne recommandons aucune d’entre elles. Les noms sont donnés à titre d’exemples de chaque famille, sans jugement de valeur ni classement.

1. Les courtiers en ligne

Vous ouvrez un compte-titres et vous passez vous-même vos ordres : actions, ETF, obligations, parfois produits dérivés.

Le principe : vous décidez de tout. La plateforme exécute, conserve les titres et vous facture des frais de courtage à chaque opération, plus généralement des frais de garde.

Pour qui : quelqu’un qui sait ce qu’il veut acheter et accepte de s’en occuper.

À quoi faire attention : les frais de courtage, les frais de garde, et les frais de change — souvent les plus lourds et les moins visibles quand on achète des titres en dollars ou en euros depuis un compte en francs.

Exemples de la famille : Swissquote, Saxo, Interactive Brokers, PostFinance E-Trading, Cornèrtrader.

2. Les néobanques et applications tout-en-un

Un compte du quotidien couplé à une fonction d’investissement simplifiée, généralement pensée pour le mobile.

Le principe : tout au même endroit, avec une interface épurée et un ticket d’entrée très bas — parfois quelques francs.

Pour qui : quelqu’un qui débute, veut commencer avec de petits montants, et préfère la simplicité à l’exhaustivité.

À quoi faire attention : l’offre de titres est souvent plus restreinte, la structure de frais peut être avantageuse sur les petits montants et beaucoup moins sur les gros, et il faut vérifier le statut réglementaire — toutes ces applications ne sont pas des banques suisses, et la garantie des dépôts n’est pas la même partout.

Exemples de la famille : Yuh, Neon, Revolut, Alpian.

3. Les robo-advisors

Vous répondez à un questionnaire sur votre situation et votre tolérance au risque ; la plateforme construit et gère un portefeuille diversifié, souvent en ETF, contre une commission annuelle.

Le principe : le pilote automatique. Vous ne choisissez pas les titres, les rééquilibrages se font tout seuls.

Pour qui : quelqu’un qui veut investir sur le long terme sans s’en occuper, et qui accepte de payer pour ça.

À quoi faire attention : la commission annuelle s’ajoute aux frais des fonds sous-jacents — regardez le coût total, pas seulement l’un des deux. Sur trente ans, un pour-cent annuel peut représenter plus du quart du capital final.

Exemples de la famille : True Wealth, Selma, Findependent, Inyova.

4. Les solutions 3a en titres

Un 3ᵉ pilier investi en fonds plutôt que laissé sur un compte rémunéré, avec l’enveloppe fiscale de la prévoyance liée.

Le principe : mêmes plafonds, mêmes règles de blocage qu’un 3a bancaire — mais l’argent est investi selon un profil que vous choisissez.

Pour qui : quelqu’un dont l’horizon avant la fenêtre de retrait est long.

À quoi faire attention : les frais totaux, la part réellement investie en actions, et le fait que le cadre de placement de la prévoyance est réglementé — vous n’y trouverez ni action unique ni crypto. Et souvenez-vous du risque de calendrier : un compte 3a se vide entièrement, à une date contrainte.

Exemples de la famille : VIAC, frankly, ainsi que des offres bancaires.

Les familles ne s’excluent pas

Rien n’oblige à choisir une seule. Beaucoup de gens ont un 3a en titres chez un prestataire, un compte-titres ailleurs, et un compte courant dans une banque traditionnelle.

Le vrai coût du multi-prestataires n’est pas financier, il est administratif : plusieurs relevés fiscaux à rassembler chaque année, plusieurs interfaces, plusieurs mots de passe. À vous de voir ce que vous êtes prêt à gérer.

Les trois vérifications avant d’ouvrir un compte

Elles valent pour n’importe quelle famille :

  1. Le statut réglementaire. L’établissement est-il autorisé en Suisse ? La FINMA tient un registre public, et publie des listes d’alerte de prestataires non autorisés. C’est deux minutes de vérification.
  2. Ce qui se passe si l’établissement fait faillite. Les titres que vous détenez sont en principe séparés du bilan de l’établissement ; les liquidités sur le compte, elles, relèvent de la garantie des dépôts, qui est plafonnée. Ce n’est pas le même régime.
  3. Comment on sort. Les frais et délais de transfert des titres vers un autre prestataire — souvent les plus élevés de toute la grille tarifaire, et jamais mis en avant.

Ce qu’il faut retenir

Quatre familles, quatre métiers : courtier (vous pilotez), néobanque (simple et mobile), robo-advisor (pilote automatique payant), 3a en titres (l’enveloppe fiscale investie).

La question utile est « pour quoi faire », pas « laquelle est la meilleure ». Et avant d’ouvrir quoi que ce soit : vérifiez le statut FINMA, comprenez la garantie applicable, et regardez le coût de sortie.

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