Vous avez 20 ans : votre meilleur atout, c'est le temps

À 20 ans, on n'a pas d'argent — et c'est exactement pour ça que c'est le meilleur moment. Le seul avantage que vous ne rattraperez jamais plus tard, c'est le nombre d'années devant vous.

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Vous n’avez probablement pas grand-chose à placer. Un apprentissage, des études, un premier salaire, un loyer qui prend une part démesurée de ce qui rentre. Placer 100 francs par mois peut sembler dérisoire.

Ce n’est pas dérisoire, parce que vous détenez la seule ressource qui ne s’achète pas : quarante ans.

Ce que valent quarante ans

10’000 CHF placés à un rendement hypothétique de 5 % deviennent environ 16’300 CHF en dix ans, et 70’400 CHF en quarante ans. L’essentiel du chemin se fait dans la dernière décennie — celle que vous n’aurez que si vous commencez maintenant.

Autrement dit : quelqu’un qui démarre à 20 ans avec peu se retrouve souvent dans une meilleure position que quelqu’un qui démarre à 40 ans avec beaucoup. Non pas parce qu’il est plus discipliné, mais parce que ses premiers francs ont eu vingt ans de plus pour travailler.

Ces 5 % sont une hypothèse de calcul, pas une promesse : les marchés montent et descendent, et les performances passées ne préjugent pas des futures.

Les deux choses à faire avant d’ouvrir quoi que ce soit

Un coussin de sécurité. Même modeste — un ou deux mois de dépenses suffisent à cet âge, où les charges fixes sont légères. Sans lui, le premier imprévu vous fera vendre au pire moment.

Régler les dettes chères. Un crédit à la consommation ou un solde de carte de crédit coûte un taux que très peu de placements atteignent. Le rembourser est un rendement garanti, sans risque.

Ce n’est qu’ensuite que la question du placement se pose.

Le risque, à votre âge

C’est le point où votre situation diffère radicalement de celle d’un quinquagénaire.

Une baisse de 30 % à 55 ans est un problème sérieux : il reste peu d’années pour se rétablir avant les retraits. La même baisse à 22 ans est, statistiquement, un non-événement — vous ne toucherez pas à cet argent avant plusieurs décennies, et vous continuez à acheter pendant que les prix sont bas.

C’est le raisonnement qui justifie une part d’actions élevée quand l’horizon est très long. Avec une condition indispensable, et elle n’est pas financière : il faut être capable de ne pas vendre. Un investisseur qui panique et solde son portefeuille après une chute transforme une baisse temporaire en perte définitive — et il aurait mieux fait de rester sur un compte épargne.

La bonne question n’est donc pas « quel rendement je peux viser », c’est « qu’est-ce que je fais si mon solde perd un tiers l’année prochaine ». Répondez honnêtement avant de choisir.

Le 3ᵉ pilier à 20 ans : oui, mais sans se précipiter

Le 3a est intéressant à deux titres : la déduction fiscale, et le fait de prendre l’habitude tôt.

Deux nuances, cependant :

  • La déduction dépend de votre taux marginal. Avec un revenu de début de carrière, l’économie d’impôt est faible. Elle sera bien plus forte dans quinze ans, à revenu plus élevé.
  • L’argent est bloqué jusqu’à cinq ans avant l’âge de référence, sauf cas précis (logement, départ de Suisse, indépendance). À 22 ans, c’est un engagement de plus de quarante ans.

Verser au 3a quand on n’a pas encore de coussin, ou quand on envisage de partir à l’étranger, n’est pas évident. Verser un montant modeste et régulier dans un 3a investi en titres, quand la situation est stable, l’est davantage.

L’habitude vaut plus que le montant

S’il ne fallait retenir qu’une chose : mettez en place un virement automatique le jour de la paie, même petit. Ce qui ne passe pas par le compte courant ne se dépense pas.

50 ou 100 francs par mois à 20 ans ne changeront pas votre vie cette année. Mais l’automatisme, lui, restera quand votre salaire aura doublé — et c’est là qu’il produira ses effets.

Ce qu’il faut retenir

Votre avantage n’est pas le montant, c’est l’horizon. Il justifie une exposition au risque plus élevée qu’à tout autre âge — à la stricte condition de tenir sans vendre en cas de baisse.

Dans l’ordre : un petit coussin, les dettes chères, puis un versement automatique vers un placement de long terme. Le 3ᵉ pilier a du sens dès que la situation est stable, en gardant en tête que son avantage fiscal grandira avec vos revenus.

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